Culture thalasso

L’eau de mer, de la source à la baignoire…

Sans eau de mer fraîchement pompée au large des côtes, pas de soins de thalasso ! Avant d’alimenter baignoires, douches à jets et autres équipements de soins, l’eau de mer est puisée, acheminée, filtrée et chauffée. Le point avec Jean-Michel Colleu, directeur des Thermes Marins de Saint-Malo.

C’est la réglementation qui le veut : pour réaliser un soin de thalasso, seule l’eau de mer peut être utilisée. Comme c’est un milieu vivant, gorgé de plancton végétal (phytoplancton) et animal (zooplancton), elle perd ses propriétés au-delà de 48 H. Afin de pouvoir délivrer les soins 7 jours sur 7, elle est donc pompée fraîche, au large des côtes, avant d’être acheminée vers les centres de thalasso où elle est renouvelée en permanence, en fonction des besoins. Un process sous haut contrôle, soumis à des règles très strictes !

Etape n°1 – Après autorisation préfectorale, la prise d’eau est installée au large des côtes, moyennant le paiement d’une taxe au Domaine Maritime par le centre de thalasso (où se trouve la station de pompage). « Le cahier des charges est le même partout, mais les techniques utilisées et les lieux de pompage peuvent différer d’un endroit à l’autre, selon la configuration de la côte, la hauteur des fonds, le marnage, explique Jean-Michel Colleu (photo). Les marées sont plus importantes en Bretagne Nord qu’en Bretagne Sud. Dans la Baie de Saint-Malo, nous avons le plus grand marnage d’Europe. Du coup, l’eau de mer est pompée à 650 mètres de la côte, ce qui n’est pas le cas partout ».

Etape n°2 – L’eau de mer est acheminée par canalisations (enfouies sous le sable) vers l’établissement : direction le bassin de décantation, afin de « filtrer » le sable et les éléments en suspension, puis les cuves de stockage où elle est contrôlée et filtrée une nouvelle fois, à l’abri de toute altération et contamination, en attendant d’être utilisée. « L’eau de mer n’est jamais réutilisée dans les soins individuels : elle est donc pompée en permanence, selon les besoins journaliers de chaque centre », poursuit le directeur des Thermes Marins de Saint-Malo. Dans la cité corsaire, ils peuvent atteindre 350 000 litres par jour maximum, pour une capacité de stockage de 200 000 litres.

Etape n°3 – Pour réaliser les soins de thalasso, l’eau de mer est chauffée entre 31°C et 35°C. Grâce à un système sophistiqué de canalisations, tubulures, pompes et autres surpresseurs, elle peut alors alimenter les baignoires, douches à jets, douches à affusion… Tout au long de son parcours, du lieu de pompage aux cabines de soins, elle ne subit aucun traitement chimique, contrairement aux piscines et aux bassins de soins collectifs alimentés en eau de mer, qui sont soumis à un traitement bactériologique. Règlementation oblige.

Etape n°4 – Une fois qu’elle a servi aux soins individuels, l’eau de mer est refoulée vers une cuve de stockage où elle peut refroidir. Elle est ensuite rejetée dans la mer, en empruntant une autre canalisation et en tenant compte des marées (la mer ne doit pas être trop basse). Une étape importante d’un point de vue écologique : encore chaude, l’eau restituée à son élément naturel perturberait l’équilibre biologique marin.

Bon à savoir – Les thalassos font l’objet d’une réglementation très stricte avant même leur ouverture (étude du site, analyse de la qualité de l’eau de mer, des courants, absence de pollution…), et leur création est soumise à accord préfectoral. Afin de veiller à la sécurité sanitaire des curistes, la DDASS procède régulièrement – et toujours à l’improviste – à des prélèvements dans les bassins, aux sorties de robinets servant aux soins, dans les pédiluves, etc. Qualité de l’eau de mer, salinité, contrôle bactériologique : tout y passe. De même, les conditions de captage de l’eau de mer et sa qualité font l’objet d’un affichage dans chaque établissement. Certains, comme Les Thermes Marins de Saint-Malo, proposent de visiter les parties techniques à leurs clients lors des Journées du Patrimoine ou à l’occasion d’autres événements – les 50 ans du GR34 au Spa Marin du Val André Resort, par exemple. L’occasion de découvrir cette mini-usine insoupçonnée qui carbure 7 jours sur 7 sous vos pieds… !

Visuels : ©Pixabay ; ©Thermes Marins de Saint-Malo

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